dimanche 14 mars 2010

Traditions

Fiançailles et épousailles :

Les demandes sont faites aux parents, si ceux-ci refusent le prétendant trouvera un genêt en travers de la porte ou une marmite accrochée à l’envers dans la cheminée. Les prétendants ont des ambassadeurs qui les aident et les guident.

Les soins et remèdes :

Les normands ont des remèdes bien à eux pour se soigner. Ainsi, la coqueluche est vaincue par une souris avalée vivante, une araignée enfermée dans une coquille de noix protège de la fièvre…

Et si ces automédications n’aboutissent pas, ils iront voire un rebouteux, sorte de sorcier qui enlève le mal.

La naissance :

Les femmes enceintes évitaient de regarder les personnes infirmes pour ne pas apporter les malheurs de ce ci sur leur progéniture.

Les femmes accouchent en général debout. Le nouveau né est frictionné au beurre frais et à la goutte pour le fortifier.

La protection du foyer :

La construction de la maison des jeunes mariés est accompagnée d’un bon nombre de rituel pour assurer la protection de ses habitants (se protéger des gobelins et autres êtres maléfiques). Il était donc de coutume, entre autre, d’emmurer un chat vivant et de verser le sang d’un animal égorgé sur le seuil de la maison.

La mort :

Les hululements des oiseaux de nuits sont de mauvais présages. Si un de ces oiseaux vient à entrer dans la maison par la cheminée, la mort est annoncée et inévitable.

Lorsqu’une personne décède on arrête les aiguilles de l’horloge de la salle commune, puis l’on prépare le mort, dans certaines régions on va jusqu'à arracher les ongles du défunt.

Les célébrations du calendrier :

On retrouve les mêmes célébrations que de nos jours avec plus d’importance et un certain coté mystique que ces fêtes n’ont plus maintenant.

On retrouve ainsi la Toussaint, la nuit du 31 Octobre au 1er Novembre, Noël, Mardi-gras, Pâques et le feu de la Saint Jean.

Les jeux :

Les habitants des campagnes normandes malgré tous les travaux journaliers qu’ils devaient effectuer trouvaient tout de même un peu de temps pour se divertir.

Ils s’adonnaient ainsi, et notamment pour fêter Mardi-gras, à la « thèque », qui pourrait être l’ancêtre du base ball.

A cette même période se déroulait la « soule », un sport violent qui se rapproche du rugby. Ce sport faisait parait-il de nombreux mort et blessé.

Les types de fermes en Normandie

1. La ferme à cour fermée
2. La ferme à cour ouverte
3. La ferme à bâtiments dispersés

La disposition des bâtiments de service et de l'habitation d'une ferme révèle le système économique qu'elle pratique et une certaine conception technique. En Normandie trois types de fermes se différencient par leur organisation et leur répartition.

1. La ferme à cour fermée

Cette ferme dispose ses bâtiments, tous joints autour d'une cour. On y pénètre par un porche en face duquel se trouve habituellement la maison. Autour se suivent grange, écurie, étable, charreterie, pressoir, cellier, remise, etc. Mis à part les volailles, les animaux vivent en stabulation. Les bâtiments réservés aux récoltes et au matériel tiennent une place importante, signes d'un système basé sur les céréales.

Ces fermes sont caractéristiques de deux régions :
- la bande sinueuse des plaines allongées du Plain jusqu'au delà de Sées
- les marges de la Picardie et de l'Ile-de-France

Gif 12 Ko - Plan d'ensemble de la ferme d'Omonville-la-Rogue

Plan d'ensemble, état en 1979

1 – Porche d'entrée

9 – Charreterie

2 – Cour fermée

10 – Ecurie

3 – Habitation

11 – Poulailler débarras

4 – Laiterie

12 – Etable à veaux

5 – Fournil

13 – Porcherie

6 – Chapelle

14 – Enclos des porcs

7 – Salle de traite

15 – Ancien pigeonnier

8 – Parc d'attente



Les métiers

Voici quelques métiers de l’époque :

Le bouilleur de crue ambulant :

Il se déplaçait de ferme en ferme avec son alambic. Il faisait sa tournée après la récolte des pommes et des poires. Il couchait chez l’habitant lorsque son itinéraire l’entraînait trop loin de chez lui. Si son travail était trop important il était assisté d’un ouvrier. Il était payé au litre distillé. Il installé son alambic prés des mares pour pouvoir en tirer l’eau continuellement.

Le rebouteux :

Il était consulté par nos paysans qui le craignaient de part ses « pouvoirs de sorcier. Il savait soigner les maladies, réparer les foulures, entorses et les malformations, tout cela grâce à ses mains.

Le rémouleur :

Le rémouleur se déplace de village en village avec sa charrette. Il aiguisait les outils tranchants des commerçants, ménagères et fermiers sur une petite meule ambulante.

Le maréchal-ferrant :

Il avait un atelier, et recevait la visite des fermiers et autres paysans pour ferrer leurs chevaux et leurs bœufs de traits.

Les ouvriers agricoles :

Ils passaient dans les fermes pour louer leurs services, on les retrouvait aussi au marché.

Le marchand de peau de lapin :

Il passait de maison en maison pour acheter les peaux de lapin que les maîtresses avaient tuées. Et il les revendait à un tanneur. Pour prévenir son arrivée il criait : « peau ! Peau de lapins ! Peau… ! ».

Le berger :

Il était chargé de guider et de prendre soin du troupeau de moutons. Il dormait dans une cabane de berger. Ses chiens dormaient en dessous. Les enfants de la ferme leur apportaient leur casse croûte dans un panier appelé « bergère ».

Le colporteur :

C’était un marchand ambulant qui vendait des livres, des journaux, de la mercerie, du café, des épices… .

On trouve aussi :

Les conteurs :

Le conteur racontait des histoires non écrites basées sur ses connaissances, son imagination, et ses talents d’improvisation. Il déployait son talent dans des lieux de convivialité.

Les troupes de théâtres :

Elles se déplaçaient de village en village.

Les animaux

Les vaches :

On retrouve plusieurs races bovines : la Brayonne, la Cauchoise, l’Augeronne, la Cotentine, la Jersiaise et la Normande.

Les bœufs :

Bêtes de travail, préférées aux chevaux, car elles nécessitent moins d’entretien, elles sont meilleures au travail, notamment pour le travail de trait, et ont une bonne valeur bouchère.

Les chevaux :

Ils sont quasiment des membres de la famille. Ils sont essentiels au travail. On retrouve surtout des Percherons.

Les ânes :

Ils servent également aux travaux, et à porter des charges.

Les cochons :

Ils sont élevés pour la consommation familiale. On trouve de nombreux moutons et peu de chèvres.

Dans la basse cour on retrouve des oies, des dindons et des poules.

Le marché

Le marché était un des temps forts de la vie paysanne. L’ambiance y était bonne et enjouée, il s’agissait en effet d’une des rares sortie que l’on pouvait ce permettre en tant que paysans. C’était l’endroit ou les fermiers et paysans se rassemblaient pour vendre leurs bêtes, et leurs productions, acheter du nouveaux matériel et divers produits, louer les services des ouvriers…Ainsi les femmes vendaient les poules et les œufs, tandis que les hommes s’occupaient du bétail. Même si on retrouvait souvent ces derniers autour d’un bol de cidre ou d’un verre de calva parlant entre eux.

Emploi du temps d’un paysan

Les 5 repas d’une journée paysanne :

- au levé, petit déjeuner composé de bouillie de soupe ou de galette ;

- à 10h, pain beurré et « besson » (cidre mélangé avec de l’eau) ;

- à 12h, viande et galette de blé noir ou pain ;

- à 17h, une bonne collation ;

- le soir, soupe de choux vert.

Travaux des champs :

Les fermiers normands pratiquent la « polyculture » et de ce fait ont une année très chargée.

- Octobre : rentrer les derniers fourrages, commencer les labours et tracer les sillons d’écoulement ;

- Novembre : finir les semailles, continuer les labours ;

- Décembre : enfouir les fumiers, travaux de marnages, drainages et terrassements ;

- Janvier : labours profonds pour betteraves et pommes de terre, ceux pour les céréales et les fourrages de printemps, taille des haies, réparation des clôtures, curer les fossés et assainir les prairies, bois de chauffage, entretien du matériel ;

- Février : semis des blés de printemps, des féveroles, des poids gris, hersage des prairies ;

- Mars : mois des préparations. Il faut semer l’avoine, l’orge, les trèfles, le sainfoin, la luzerne, les carottes et les graines de prairies ;

- Avril : on débarrasse les champs des chardons et on récolte les choux ;

- Juin : mois des fenaisons ;

- Fin Juillet/début Août : moisson ;

- Fin Août/début Septembre : fauchage du sarrasin.

Les femmes s’occupaient de la basse cours et de traire les vaches, et les hommes des travaux des champs et des chevaux.